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Normand Perry
Y penser deux fois plutôt qu’une...

lundi 16 janvier 2006

LE CONSERVATISME DE HARPER EST-IL UNE BONNE CHOSE POUR LE QUÉBEC ?

Nous arrivons presque au terme de la campagne électorale fédérale, celle-ci rendue nécessaire par suite du renversement du gouvernement de Paul Martin, que les partis d’opposition à la Chambre des Communes d’Ottawa, avaient jugé sans "légitimité" de gouvernance, lorsque je juge Gomery a rendu public la première partie de son rapport l’automne dernier.

Les observateurs de la scène politique fédérale s’entendaient sur une chose au début de la campagne électorale présente : que nous allions nous retrouver au soir du 23 janvier, avec un Parlement sensiblement pareil, d’où bien des interrogations sur l’utilité de cette campagne.

Sauf que personne ne semblait discerner que Stephen Harper avait adopté une stratégie d’efficacité dès l’amorce de la campagne électorale : celle d’occuper l’espace médiatique que Libéraux et Néo-démocrates semblaient négliger avant les fêtes, sauf au Québec où le Bloc occupait tout l’avant scène.

Et jour après jour, le chef conservateur y allait d’annonce après annonce, plaçant leurs adversaires à l’arrière traîne, sauf au Québec. Puis arriva l’affaire "Goodale" et la pause des fêtes.

Dès les premiers jours de cette campagne je jugeait que monsieur Harper avait choisi une excellente stratégie et que celle-ci allait devenir très bénéfique aux Conservateurs après la période des fêtes. Je dois me rendre à l’évidence, avec la suite de plusieurs sondages depuis, que mon observation était assez juste.

Puis arrive l’affaire d’Option Canada, qui à mon sens, va sceller pour de bon l’issue de cette campagne pour les Libéraux de Paul Martin : une défaite sans précédent s’annonce d’une mer à l’autre du pays. A entendre les observations de plusieurs, que ce soit dans les restaurants, au travail, dans nos implications sociales ou politiques, les gens ne sont plus capable de voir et d’entendre les scandales qui éclatent de manière hebdomadaire en provenance de ce parti politique fédéral.

La solution : de plus en plus de gens regardent la solution conservatrice comme étant la seule valable pour un changement.

On a bien vu au Québec ce que cela produit comme résultat, quand nous voulons un changement pour du changement, à l’occasion de la dernière élection d’avril 2003. On porte au pouvoir un gouvernement qui se croit tout permit de faire, et pas même avant la fin de sa première année de mandat, ce gouvernement connaît les pires taux d’insatisfaction populaire, du jamais vu dans l’histoire politique québécoise, insatisfaction qui se maintient depuis et s’est même accrue.

Le peuple du Québec fait l’expérience depuis avril 2003 de ce qu’est la réalité des politiques néo-libérales sous Jean Charest, et ce peuple s’est rendu à l’évidence que nous sommes beaucoup plus à l’aise avec des orientations de société et d’économie qui sont à gauche.

Les valeurs du peuple du reste du Canada sont probablement différente des nôtres. La mentalité anglo-saxonne est de manière naturelle portée vers la droite. Pas étonnant que les Néo-démocrates soient d’éternel parent pauvre de la politique canadienne, le message socialiste a beaucoup de difficulté à s’intégrer dans mentalité anglo-saxonne.

Qu’il y ait une volonté de donner une bonne leçon d’humilité aux Libéraux de Paul Martin, dans le contexte que nous connaissons maintenant est très légitime. Mais est-ce une raison suffisante pour remettre aux Conservateurs pleins pouvoirs et laisser le champs libre à l’application des valeurs néo-libérales, que de toute manière nous avons rejeté au Québec sous Jean Charest ?

Là se trouve à mon sens, dans la réponse à cette question chez les québécois, la clé d’un gouvernement majoritaire ou non d’un prochain gouvernement Conservateur. N’y a-t-il pas matière à y penser deux fois plutôt qu’une avant d’apposer le "X" fatidique le 23 janvier prochain ?

Normand Perry philosophe


DECIPIMUR SPECIE RECTI (Nous sommes trompés par l’apparence du bien).

Les Coteaux, Qc, le 15 janvier 2006.




Réactions

  • Faire la part des choses M. Sarazin.
    16 janvier 2006, par Normand Perry
    216.46.25..***

    Bonjour monsieur Sarazin,

    Il sera facilement compréhensible que dû au fait que je sois devenu un élu municipal en novembre dernier, il m’est devenu un peu plus difficile d’être clairement directif à propos d’opinions politiques touchant des niveaux supérieurs de gouvernement. C’est la raison pour laquelle je me vois un peu contraint d’être subtil et obliger le lecteur à lire entre les lignes. Surtout quand je sais que la même opinion publiée ici va probablement être reprise dans les journaux locaux de ma région et peut-être dans la presse nationale québécoise.

    Et tout est une question de perspectives également. Il est clair dans mon propos que nous devons sortir le PLC du gouvernement fédéral à cause de la corruption, je pense que beaucoup de gens s’entendent sur ce point.

    Donner une majorité aux Conservateurs, là je décroche. Vous ne pouvez quand même pas reprocher à un philosophe clairement connu pour ses positions de gauche de plaider pour le conservatisme. Ça n’a aucun sens.

    On ne peut aussi demander à un souverainiste de prêcher pour l’élection d’un gouvernement majoritaire à Ottawa non plus, qu’il soit Conservateur, Néo-démocrate ou Libéral.

    Alors mon plaidoyer en est un en faveur du Bloc québécois, avec un taux d’adhésion à plus de 50% et un nombre de sièges le plus élevé que possible. Difficile ici d’être plus clair.

    Normand Perry.

  • > Y penser deux fois plutôt qu’une...
    16 janvier 2006, par Marcel Sarazin
    66.131.248.***
    Pour l’amour du ciel, ressaisissez-vous monsieur Perry, un peut plus on croirait entendre un acolyte du Parti libéral se porter à la défense de son chef. J’éprouve une grande difficulté à comprendre votre point de vue face au vrai sens de cette élection que tout le monde semble oublier. Cette élection est loin d’être une élection lancée en toute confiance par les libéraux. Elle vise à remplacer par tous les moyens possibles le Parti libéral en place pour redonner confiance à une population rendue complètement sceptique par l’abus de confiance de nos politiciens corrompus. Si c’est le prix à payer pour nous débarrasser de la corruption indigne des libéraux qui on délibérément bafoué la démocratie, que le prochain gouvernement soit Conservateur majoritaire.


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